Passion littérature irlandaise

« Jusque là, mon Irlande c’était L’Homme tranquille, Le Taxi mauve, l’île d’Emeraude, les pulls blancs torsadés, le whiskey, l’Éire de nos mots croisés. Elle était d’herbe verte, de rousses Maureen, de pierres plates en murets, de toits de chaume et de portes géorgiennes. Elle était gaie, rieuse, enfumée, noire de bière typique et blanche de moutons errant sur les lacets de route. Mon Irlande s’appelait Dublin, Galway, Clifden, Lisdoonvarna, Aran. Une Irlande musicale, marine, agricole, accueillante, spirituelle, pauvre et fière, apaisée… » – Mon Traître, Sorj Chalandon

La Saint-Patrick approche, et c’est bien sûr l’occasion idéale pour moi de revenir sur l’une de mes grandes passions littéraires : la littérature irlandaise. Ceux qui passent parfois sur ce blog ou qui me suivent sur les réseaux sociaux savent déjà sans doute que je ne me lasse pas de découvrir et redécouvrir les auteurs irlandais, et qu’il est bien rare que j’en sois déçue.

Tout est parti bien sûr du pays lui-même. D’un premier voyage, un coup de foudre il y a une dizaine d’années, lors d’un périple à cheval dans le Ring of Kerry. Une immersion totale dans ces grands espaces sauvages, balayés par les vents. Et la pluie parfois, mais c’est un plus quand on visite l’Irlande…! Ces gens si accueillants, qui nous ont inclus dans leurs fêtes et leurs villages, sans jamais nous considérer comme des étrangers, mais comme des invités. Ces traditions qui perdurent et ces légendes qu’on raconte. Et puis peut-être un peu le whiskey aussi, puisque chaque matin, une fois en selle, une bouteille circulait pour donner des forces et du coeur (véridique, et croyez-moi nous n’avions pas intérêt à décliner…). Par la suite, intriguée par ce pays qui m’avait charmée de manière inexplicable, j’ai voulu découvrir Dublin, son bouillonnement, son histoire, ses rues et ses pubs animés. Et depuis, cette nécessité irrépressible d’y retourner encore, à chaque fois un peu plus longuement, longer les falaises, traverser les plaines d’herbes hautes, se perdre dans des dédales de roches, parcourir les villages et les villes animés par une histoire et une culture obsédantes… J’aime passionnément ce pays sans trop pouvoir l’expliquer, je suis fascinée par son histoire et par son peuple, et je me suis laissée capturer par l’âme irlandaise.

Il me paraissait donc tout naturel de me plonger également dans sa littérature. Et chaque fois, c’est un bout d’Irlande que j’aperçois. Chaque roman, si différent qu’il puisse être des autres, me semble représenter parfaitement cette nation si riche. On y trouve la nature irlandaise, sauvage, inaltérée et si changeante. Les souffrances de l’Histoire, les conflits avec les Anglais, la Grande famine, l’émigration massive, les longues années de troubles en Irlande du Nord… autant d’éléments qui ont marqué à tout jamais le pays et qui transparaissent dans les pages de ses écrivains. Mais on y rencontre aussi un certain optimisme, la fierté d’un peuple qui a résisté à tout. J’ai toujours trouvé que tout ceci se ressentait dans le style d’auteurs comme Colm Tóibín, Joseph O’Connor, ou encore Paul Lynch : des romans qui coupent le souffle, d’une beauté brute et sauvage.

« J’étais quelqu’un en plus. J’avais un autre monde, une autre vie, d’autres espoirs. J’avais un goût de briques, un goût de guerre, un goût de tristesse et de colère aussi. J’ai quitté les musiques inutiles pour ne plus jouer que celles de mon nouveau pays. Je me suis mis à lire. Tout. Tout sur l’Irlande. Rien que sur l’Irlande. Irlande. Irlande. Irlande. » – Mon Traître, Sorj Chalandon

Je suis encore bien loin d’avoir fait le tour de la littérature irlandaise dont je ne cesse de découvrir des pépites, mais voici un petit état des lieux de quelques unes de mes lectures et de mes écrivains chouchous, en espérant que cela vous donne envie de vous y plonger aussi. Je me suis délibérément concentrée sur la littérature de nationalité irlandaise, excluant de fait les romans se déroulant en Irlande. Cela sera sans doute l’objet d’un autre article à part entière !

La littérature irlandaise m’a définitivement conquise avec Les Cendres d’Angela, de Frank McCourt, et c’est la raison pour laquelle je commencerai par celui-ci. Quel coup au coeur ! Un roman magnifique, largement autobiographique, lauréat du Prix Pulitzer en 1997, sur l’enfance, sur les misères de l’Irlande des années 30-40, sur les humiliations et la honte d’une vie de pauvreté, sur la résilience enfin. Une résilience qui sera couchée sur le papier bien tard, puisque Frank McCourt a écrit ce chef d’oeuvre à soixante-six ans. C’est à mon sens un indispensable de la littérature irlandaise, une oeuvre de mémoire à part entière, un aperçu extraordinairement prégnant et poignant de l’Irlande à cette époque.

À lire la nuit, de Seamus Deane, est également un récit d’enfance. Nous nous trouvons cette fois dans les années 50 en Irlande du Nord, sur fond de violences et corruptions policières, délations et catholicisme écrasant. Un roman d’apprentissage très touchant, creusant le thème du secret de famille et de ses implications sur les générations à venir, mêlant malédictions familiales et histoire de l’Irlande.

« Quand je revois mon enfance, le seul fait d’avoir survécu m’étonne. Ce fut, bien sûr, une enfance misérable : l’enfance heureuse vaut rarement qu’on s’y arrête. Pire que l’enfance misérable ordinaire est l’enfance misérable en Irlande. Et pire encore est l’enfance misérable en Irlande catholique. » – Les cendres d’Angela, Frank McCourt

Parmi les auteurs que je ne me lasse pas de lire, il y a bien sûr Colm Tóibín. Je l’ai découvert un peu par accident en lisant Brooklyn, après avoir vu l’adaptation cinématographie, qui est merveilleusement réussie ce qui n’a donc rien gâché. On sent que l’auteur parle de ce qu’il a connu, de ce qu’il sait des réalités de la vie irlandaise. Il est né dans les années 50 à Enniscorthy, et sa famille a été particulièrement impliquée dans la lutte pour la cause irlandaise. Plusieurs de ses romans sont donc rattachés à cette époque et à cette petite ville, et il dépeint la société irlandaise et comment l’individu s’y construit. Ainsi Brooklyn suit les traces d’une jeune fille contrainte de quitter sa famille pour partir aux États-Unis trouver du travail ; Nora Webster s’attache à une jeune veuve (pour laquelle il s’est fortement inspirée de sa propre mère) qui s’efforce de faire vivre sa famille tout en tentant de s’affranchir de certaines conventions sociales ; ou encore La bruyère incendiée, l’introspection d’un vieux juge, entre souvenirs d’enfance troublés et réflexions sur les questions politiques et de société qui ont secoué le pays. Il y a d’ailleurs beaucoup de liens et de clins d’oeil entre ces trois romans, qui abordent chacun un pan différent et passionnant de la société irlandaise. On retrouve énormément dans son oeuvre les thématiques des rapports familiaux et de la construction de l’identité. Sur ces différents sujets j’ai très envie de lire Le Bateau-phare de Blackwater, L’épaisseur des âmes qui aborde les relations mère-fils, et le recueil de nouvelles La couleur des ombres. Colm Tóibín s’est également beaucoup intéressé au processus de création, et j’ai prévu de lire Le Maître, une biographie romancée d’Henry James, très prochainement. Malheureusement, c’est de plus en plus compliqué de trouver ses livres en France, beaucoup n’ont pas été réédités (si jamais les éditions 10-18 passent par ici, je lance une bouteille à la mer !).

Maggie O’Farrell a un style très différent. Elle se concentre davantage sur la psychologie, sur les liens, familiaux ou amoureux, sur les aléas de la vie. Elle brosse des portraits de femmes magnifiques et poignants, explorant les thèmes de la maternité, de la féminité, des secrets de famille… À première vue ses romans paraissent plus légers et moins tortueux que ceux de ses contemporains, et pourtant elle a le don de percer les secrets du coeur humain, de faire jaillir l’émotion quand on s’y attend le moins, de dépeindre ses personnages avec beaucoup de finesse. Son premier roman, Quand tu es parti, est l’un de mes préférés. Les premières lignes nous apprennent qu’Alice a pris le train pour Edimbourg, où elle rejoignait ses soeurs, et qu’elle a vu quelque chose de si choquant qu’elle a aussitôt pris la fuite et regagné Londres, pour se jeter sous les roues d’une voiture. Qu’a-t-elle bien pu apercevoir qui l’ait ébranlée à ce point ? Ce roman, qui nous plonge dans la vie d’une jeune femme malmenée par la vie, est bouleversant d’humanité. Maggie O’Farrell a également écrit, entre autres, Assez de bleu dans le ciel, un magnifique roman sur l’incidence des choix et du destin ; En cas de forte chaleur, qui souligne les difficultés d’une famille à se comprendre, malgré la profondeur des liens ; ou encore L’étrange disparition d’Esme Lennox, au coeur duquel se trouve un douloureux secret de famille. Enfin, il me reste à mentionner son tout dernier livre, qui cette fois n’est pas un roman mais un récit autobiographique : I am, I am, I am. Maggie O’Farrell y revient sur 17 rendez-vous manqués avec la mort. Une rencontre avec un meurtrier au détour d’un chemin, un avion qui entame une chute que rien ne semble arrêter, une bactérie contractée durant un voyage, un lanceur de couteaux dans un festival, une fausse couche… Certains épisodes lui ont paru légers, presque anodins, d’autres au contraire ont constitué des tournants drastiques dans sa vie, la changeant à tout jamais. Tous ont représenté 17 instants où tout aurait pu basculer. C’est incroyablement puissant, une véritable démonstration littéraire. Il me reste encore trois romans de Maggie O’Farrell à découvrir : La distance entre nous, La maîtresse de mon amant, et Cette main qui a pris la mienne.

Il y a désormais aussi une place toute spéciale dans mon coeur pour Joseph O’Connor (oui le frère de Sinéad), dont j’ai lu pour le moment deux romans exceptionnels. Je vous ai parlé d’Inishowen à plusieurs reprises déjà, mais rarement un roman m’avait autant chamboulée. Un homme et une femme brisés par la vie s’y rencontrent et entament un périple jusqu’à la péninsule d’Inishowen. Leurs souffrances profondes rejoignent celles de l’Irlande, alors que le conflit nord-irlandais n’est toujours pas terminé. C’est un roman âpre, dur, sauvage, tout en sensibilité et en poésie, incroyablement bouleversant. Je pense qu’il fera à jamais partie des livres cruciaux de ma vie de lectrice. J’ai poursuivi avec À l’Irlandaise, et à nouveau Joseph O’Connor a fait mouche. Il s’agit cette fois d’une longue lettre écrite par un homme à sa fille cadette, dans le coma après avoir été agressée dans une station service. La longue lettre d’amour d’un père, qui retrace les événements qui se sont déroulés depuis l’agression : le procès, l’évasion d’un des criminels, et la traque qui s’en est ensuivie. C’est un tour de force, un roman tout en nuances, extrêmement violent et émouvant dans le même temps.

« A stor mo chroi – mon amour – , dans la brume du soir

Quand la nuit tombe doucement.

Loin de la foule, écoute un instant :

Tu entendras mon cri de désespoir. » – Inishowen, Joseph O’Connor

Il me faut mentionner ensuite Colum McCann, le plus américain des auteurs irlandais. Et que le vaste monde poursuive sa course folle est son roman le plus connu, même s’il ne se déroule pas en Irlande mais à New-York. Tout commence avec un funambule qui s’élance au-dessus du vide, entre les deux tours du World Trade Center. En bas, au milieu des centaines de badauds ahuris, vont se télescoper des destins : un homme de foi perdu, des prostituées de mère en fille, des mères de soldats décédés au Vietnam, un juge englouti par le système, un couple d’artistes camés… Des personnages qui ne devraient rien avoir les uns avec les autres, et qui vont se trouver liés à jamais le temps de l’incroyable traversée de cet acrobate des airs. J’ai beaucoup aimé de cet auteur également Ailleurs en ce pays, un recueil de trois nouvelles dépeignant l’Irlande contemporaine, mêlées de souffrances et d’espoirs.

Récemment, mes dernières découvertes littéraires irlandaises ont été plus belles les unes que les autres. Il y a eu en particulier trois romans, dans des styles complètement différents, qui ont marqué mon début d’année. Tout d’abord Grace, de Paul Lynch, un roman qui s’attaque à un épisode profondément douloureux, extrêmement connu et pourtant étrangement peu traité de l’histoire de l’Irlande : la Grande Famine. On y suit Grace, une adolescente originaire de Blackmountain dans le Donegal, que sa mère attrape un jour pour lui couper les cheveux et l’affubler de vêtements d’homme, afin de la jeter sur les routes. Une épopée terrible s’ensuivra dans cette terre de désolation. Après cet énorme coup de coeur, j’ai très envie de lire les deux premiers romans de l’auteur : Un ciel rouge, le matin ; et La neige noire. Ensuite, j’ai adoré Les fureurs invisibles du coeur de John Boyne, une odyssée romanesque de 70 ans dans la vie d’un homme en proie à de nombreux démons, mais aussi dans l’histoire de l’Irlande, de 1945 à 2015, l’année où le référendum sur le mariage homosexuel a été adopté. Enfin, D’os et de lumière de Mike McCormack, un roman extrêmement original, une seule et même longue phrase, un seul et même souffle, suspendu aux réflexions d’un homme assis dans sa cuisine.

« Nous étions à Dublin, la capitale. L’endroit où j’étais né, une ville que j’aimais, dans un pays que je détestais. Une ville pleine d’innocents au grand coeur, d’affreux bigots, de maris adultères, d’hommes d’Église sournois, d’indigents qui ne recevaient aucune aide de l’État, et de millionnaires qui lui pompaient toutes ses ressources. » – Les fureurs invisibles du coeur, John Boyne

J’ai encore trop peu lu de classiques irlandais jusqu’ici : Bram Stoker, James Joyce, Samuel Beckett, Oscar Wilde, Yeats, Jonathan Swift… Pour le moment j’ai adoré Gens de Dublin de James Joyce, mais je n’ai toujours pas osé m’attaquer à Ulysse, ce roman divise énormément et est notoirement connu pour être très difficile d’accès… Comme je vous le disais il y a quelques jours, je suis un peu passée à côté du roman d’Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray. C’est un classique incontournable, extraordinairement bien écrit, mais qui malheureusement m’a un peu ennuyée par moments. Il ne se situe pas en Irlande mais dans la bonne société londonienne, qui y est largement critiquée pour sa vanité.

Il me tarde de poursuivre mon exploration de la littérature irlandaise et ma liste est longue… ! Edna O’Brien, William Trevor, Kate O’Riordan, ou encore Sebastian Barry, font partie des auteurs que j’aimerais découvrir et lire davantage cette année. Plus je me plonge dans les ouvrages irlandais, plus je fais de découvertes et réalise à quel point cette littérature est dense et riche. Certains auteurs s’attachent à restituer des pans d’histoire de l’Irlande, d’autres ancrent leur roman dans la société contemporaine. Certains évoquent la politique, d’autres des problématiques de société. Certains encore nous plongent dans la campagne irlandaise verdoyante, d’autres dans les rues bondées des villes de Dublin ou Belfast…

J’espère que cet article vous aura donné envie de vous plonger dans la littérature irlandaise, ou du moins dans certains des romans cités. Si vous voulez en savoir plus, je vous ai indiqué à chaque fois le lien vers les chroniques détaillées !

Lá fhéile Pádraig sona duit ! 

11 commentaires sur “Passion littérature irlandaise

  1. Ah oui!! quelle collection!!! Moi aussi j’ai commencé comme vous par les classiques « le taxi mauve »  » l’homme tranquille  » et puis j’ai découvert L’Irlande dont je suis « tombée amoureuse » tant par les paysages si beaux et si multiples que par la gentillesse des Irlandais. j’ai évidemment fait un détour par les US avec Mc Cann et j’y suis restée avec pas mal d’auteurs de ce pays car j’adore ses écrivains et là je suis revenue en Irlande avec  » Innishowen  » que vous conseillez , j’en suis au début mais je sens que je vais être accrochée. Merc pour vos choix et vos commentaires toujours très intéressants

    1. Merci ! Je n’ai pas inclus les romans étrangers portant sur l’Irlande comme Le Taxi mauve, pour me limiter uniquement à la littérature irlandaise. Je craignais que ce soit horriblement long autrement..! Cela me donne une excuse pour y consacrer un autre article !
      Je commence à manquer de qualificatifs pour Inishowen, c’est une pure merveille, j’espère qu’il vous plaira !

  2. Cet article me donne envie de découvrir beaucoup trop de livres ! On sent une vraie passion pour le pays, que tu transmets si bien qu’on ne peut qu’avoir envie de tout dévorer !

    Je pense que je vais très vite piocher dans cette liste pour découvrir la littérature irlandaise !

    Merci.

    (je crois que c’est mon premier commentaire ici alors que je lis souvent tes articles)

  3. Si vous n’avez pas encore lu Edna O’Brien, il faut absolument lire  » les filles de la campagne » et  » tu ne tueras point ». Merci pour votre article que j’ai lu avec beaucoup d’intérêt !

  4. « Lors d’un périple à cheval dans le Ring of Kerry » ?! Tu plaisantes là ?! Je n’exagère pas du tout en disant que c’est tout simplement mon rêve de gosse ! J’en ai réalisé une partie il y a deux ans en allant enfin en Irlande en passant par Dublin, le Connemara, Galway, le ring of Kerry … un véritable bonheur. MAIS je n’ai pas encore fait cette randonnée à cheval dont je rêve, ah la la vivement !
    En tout cas, comme l’Irlande est depuis toujours mon pays de coeur, il est plus que temps que je découvre tous ces auteurs, merci pour ce bel article parce que ça donne de sacrées pistes ! Et je pense que dès le mois d’avril, je vais attaquer Inishowen 🙂

  5. Ooh ça donne envie tout ça! Je viens de lire I am, I am, I am, et j’ai hâte de lire les romans de Maggie O’Farrell. Une auteure irlandaise qui m’a mis une grosse claque, c’est Nuala O’Faolain. Je n’ai lu que On s’est déjà vu quelque part, mais L’histoire de Chicago May est sur ma liste!

    1. Je n’ai rien lu de Nuala O’Faolain encore, même si j’ai énormément entendu parler de Best Love Rosie. Merci pour la recommandation !

  6. Bravo pour  » Inishowen » d’O’connor. j’ai bien fait de suivre votre conseil : c’est un livre que j’ai eu du mal à lâcher car les personnages sont très attachants ainsi que l’histoire de ces êtres un peu « paumés » Merci

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