Le treizième conte – Diane Setterfield

Résumé :

Vida Winter, auteur de best-sellers vivant à l’écart du monde, s’est inventé plusieurs vies à travers des histoires toutes plus étranges les unes que les autres et toutes sorties de son imagination. Aujourd’hui âgée et malade, elle souhaite enfin lever le voile sur l’extraordinaire existence qui fut la sienne. Sa lettre à sa biographe Margaret Lea est une injonction : elle l’invite à un voyage dans son passé, à la découverte de ses secrets. Margaret succombe à la séduction de Vida mais, en tant que biographe, elle doit traiter des faits, non de l’imaginaire ; et elle ne croit pas au récit de Vida. Les deux femmes confrontent les fantômes qui participent de leur histoire et qui vont les aider à cerner leur propre vérité.

« Tous les enfants construisent un mythe autour de leur naissance. C’est là un trait universel. Vous voulez comprendre quelqu’un ? Son coeur, son esprit, son âme ? Demandez-lui de vous parler de sa naissance. Ce que vous obtiendrez ne sera pas la vérité, mais une histoire. Et rien n’est plus révélateur qu’une histoire. »

Mon avis :

Le treizième conte m’a été conseillé par ma libraire, qui savait que j’avais bien aimé les romans de Kate Morton. C’est vrai qu’il y a certaines similarités entre les deux romancières, qui affectionnent les récits situés dans la campagne anglaise, les vieilles maisons chargées d’histoires, une atmosphère un peu gothique, et surtout un mystérieux secret tenant en haleine le lecteur tout au long des pages. Néanmoins, j’ai trouvé que Diane Setterfield souffrait un peu de la comparaison, les romans de Kate Morton m’ont infiniment plus plu. Les intrigues sont davantage travaillées, les personnages mieux dessinés, et tout est au service de la découverte du secret, sans détours inutiles par des considérations annexes.

« Le silence n’est pas l’environnement naturel des histoires. Elles ont besoin de mots. Sans eux, elles se fanent, s’étiolent et meurent. Et pour finir, elles vous hantent. »

Dans ce roman, j’ai trouvé la narratrice assez pénible, et certains passages lourds et mal écrits. Il y a des apartés qui m’ont semblé superflus, où la narratrice s’adresse parfois au lecteur directement, sans que cela vienne apporter quoi que ce soit au récit, au contraire. C’est parfois laborieux, et le roman aurait mérité quelques coupes, notamment certains propos insistant ad nauseam sur l’amour de la narratrice pour la littérature. On a compris, elle aime les livres… La littérature victorienne est en particulier citée, mais ce sont souvent les mêmes romans qui reviennent, un peu comme une litanie : Jane Eyre (encore que celui-ci serve l’intrigue, donc la référence est intéressante), Les Hauts de Hurlevent, Le Secret de Lady Audley, La Dame en Blanc… Les emprunts sont par ailleurs nombreux : Jane Eyre donc, L’Ombre du Vent, qui est une ode à la littérature et raconte aussi l’histoire d’un jeune libraire, ou encore Le Tour d’écrou de Henry James, mais nulle comparaison n’est sérieusement envisageable avec ces chefs d’oeuvre…

« Ce n’est pas après les inconditionnels de la vérité que j’en ai, mais après la vérité elle-même. Quel secours, quelle consolation peut-on bien y trouver, quand on songe à ce qu’apporte une histoire ? De quelle aide peut bien être la vérité à minuit, dans l’obscurité, quand le vent hurle dans la cheminée comme un loup ? Quand les éclairs jettent des ombres sur le mur de la chambre et que la pluie griffe les vitres de ses ongles ? »

Pour autant, malgré ces défauts qui m’ont un peu dérangée, c’est une lecture agréable. J’ai beaucoup aimé l’histoire racontée par Vida Winter, à tel point que j’aurais justement souhaité que le roman porte exclusivement sur elle. Vida Winter est une romancière à succès, qui a toujours vécu cachée derrière ses romans et une fausse identité. À présent gravement malade, elle souhaite raconter son histoire à la narratrice, Margaret. On sait assez vite pourquoi Vida Winter a jeté son dévolu sur cette jeune femme, il existe un point commun entre elles : la gémellité. Et l’histoire se déroule petit à petit, celle d’une famille profondément dysfonctionnelle, d’un frère et d’une soeur étranges et un peu trop proches, de deux petites filles, jumelles, qui vont grandir dans l’indifférence, liées par un lien que leur entourage considère comme anormal. Certains ont essayé d’interférer, avec de bien terribles résultats… Que s’est-il passé dans cette enfance qu’elles ont vécu repliées sur elles-mêmes dans une maison lugubre, avec pour seule compagnie une vieille gouvernante et un jardinier ? Quel secret de famille a décidé Vida Winter à changer d’identité et laisser son passé loin derrière elle ?

C’est un bon page-turner, et un roman idéal pour une lecture de vacances, pour déconnecter en se plongeant dans un univers dédié aux livres et aux secrets. Mais dans la même veine, je conseillerais davantage L’Indésirable de Sarah Waters, ou encore L’Enfant du Lac de Kate Morton.

Ma note 2.5 out of 5 stars (2,5 / 5)

 

 

 

Éditions Pocket, traduit par Claude et Jean Demanuelli, 19 août 2011, 576 pages

5 commentaires sur “Le treizième conte – Diane Setterfield

  1. J’ai lu ce roman à sa sortie vers 2007 (oulala!) et je n’avais pas du tout accroché. J’avais été très déçue même car je m’attendais à du mystère, quelque chose de gothique….et j’avais trouvé le style et l’histoire très plat….Pour moi, cela n’avait pas du tout été un bon page-turner et j’avais eu toutes les peines du monde à le terminer, je trouvais ça loooong! Je suis contente de lire d’autres avis plus nuancés car à l’époque j’avais l’impression d’être la seule à ne pas aimer….

    1. Je ne reviendrai pas sur le style que j’ai vraiment trouvé pas terrible… En revanche, j’ai bien aimé l’histoire dans l’histoire, celle de l’enfance des jumelles. Il y a un petit côté mystérieux et angoissant, et j’avais envie de savoir ce qui s’était passé. C’est pour ça que je parlais de page-turner, mais ce n’est peut-être pas complètement adapté, parce qu’il m’a tout de même fallu passer outre les loooooongs passages où c’est la narratrice qui s’exprime, et qui diluent vraiment le récit.

  2. J’ai adoré ce roman pour ma part dont je garde un fabuleux souvenir de lecture! J’avais pu le lire à l’époque avant sa sortie. Depuis je l’ai racheté, avec l’intention de le relire et je me suis procuré un autre livre d’elle. J’ai hâte de voir ce que j’en penserai aujourd’hui!

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