L’Enfant du lac – Kate Morton

Résumé :

1933, Cornouailles. Un soir de fête chez les Edevane, le petit Théo, adorable poupon de onze mois, disparaît. Les enquêteurs remuent ciel et terre, mais l’enfant demeure introuvable. Pour les parents comme pour la famille Edevane, la vie ne sera plus jamais la même après ce drame. La maison du lac, la propriété tant aimée, est fermée et laissée à l’abandon.
Soixante-dix ans plus tard, Sadie Sparrow, jeune inspectrice londonienne en vacances dans la région, s’intéresse à cette mystérieuse disparition. Elle reprend l’enquête et rouvre le dossier, les portes et les plaies, forçant les derniers secrets de la maison du lac…

« Les adultes étaient déconcertants. Ils trahissaient leur enfance de mille infimes façons. »

Mon avis :

J’ai eu un peu de mal à entrer dans le roman, il m’a fallu passer quelques chapitres pour vraiment me prendre au jeu de cette enquête. J’avais lu il y a quelques mois Le Jardin des secrets, de la même auteure, et au début, j’ai été gênée par les similitudes entre les deux romans : un enfant disparu, une grande maison imposante sur la côte des Cornouailles, un écrivain parmi les personnages, la référence aux contes de fées,… Beaucoup de choses qui me laissaient penser que l’auteure ne se renouvelait pas beaucoup et qui ne me laissaient pas présager une lecture surprenante. Mais petit à petit, je me suis rendue compte que l’intrigue était bien plus dense, bien plus complexe, et bien plus passionnante en réalité qu’il n’y paraît dans les premières pages.

« Hélas : la vague lueur de l’espérance flottait toujours dans le lointain, quel que soit le temps pendant lequel on cheminait en vain vers ses feux illusoires. »

Une magnifique demeure dans les Cornouailles, une famille idyllique, et un soir de fête, en juin 1933. Le petit Théo, un an, disparaît. Enlèvement ? Mort accidentelle ? Aucune piste n’a pu être découverte et la famille, meurtrie, a quitté les lieux pour s’installer à Londres. Soixante-dix ans plus tard, Sadie, une jeune inspectrice en repos forcée après une bourde professionnelle, découvre par hasard la maison abandonnée au détour d’un chemin, et se prend de passion pour ses occupants et cette sinistre affaire. La narration va alors s’alterner entre passé et présent. L’enfance d’Eleanor, la mère de famille, une enfant sauvage et intrépide qui a inspiré un conte de fées au grand ami de son défunt père. Son coup de foudre avec Anthony, qu’elle épouse rapidement. Leur vie parfaite à Loeanneth, la maison transmise de génération en génération. Jusqu’à la terrible guerre de 14-18 et ses ravages sur les hommes. Nous est également conté leur quotidien au début des années 1930, quelques mois avant le drame, par le point de vue d’Eleanor mais également celui d’Alice, l’une de ses filles, qui lui ressemble en tout point même si elles ne semblent pas s’entendre. En 2003, Alice, devenue une auteure de romans policiers à succès, n’a jamais pu oublier la tragique disparition de son petit frère, d’autant plus qu’elle se sent terriblement coupable… Va-t-elle apporter de nouveaux indices à l’enquête de Sadie ? Les propres tourments personnels et professionnels de cette dernière vont profondément l’influencer dans cette quête de la vérité d’un passé depuis longtemps oublié.

« Mais les gens changeaient, sale habitude. Ou ils vous quittaient. Ou ils mouraient. Les lieux étaient bien plus fiables. Ils restaient, eux. S’ils étaient détruits, on pouvait toujours les reconstruire, voire les améliorer. Les gens… On ne pouvait pas leur faire confiance sur ce point-là. »

Voilà pour les grandes lignes, qui esquissent déjà une intrigue et des personnages complexes. Car Kate Morton multiplie les fausses pistes. Il y a parfois un peu trop de longueurs, mais j’en ai conclu que l’auteure cherchait ainsi à ne pas perdre complètement son lecteur en le noyant sous un flot d’informations diverses. Il est vrai que de nombreux thèmes sont abordés, de nombreux secrets de famille cachés, même s’il y a tout de même une forte récurrence dans ce roman : que ce soit par le biais de la disparition de Théo, par celui de l’enquête qui a mis la jeune inspectrice dans l’embarras ou encore par celui de l’événement qui a bouleversé l’adolescente qu’elle était, le lien indéfectible entre une mère et son enfant est au centre de tout. Un lien qui est analysé, décortiqué à travers les nombreuses femmes du récit. À cet égard, j’ai trouvé que la psychologie des personnages était vraiment très fine. On croit avoir percé le secret de l’un d’entre eux et voilà que l’auteure apporte une révélation fracassante qui vient tout éclairer d’un jour nouveau.

Malgré une fin un peu alambiquée et un peu trop niaise à mon goût, ce roman est une saga familiale fascinante et mystérieuse dans laquelle on ne peut qu’adorer se plonger.

Ma note (4 / 5)

signature4

 

3 commentaires sur “L’Enfant du lac – Kate Morton

    1. Aussitôt écrit je me rends compte que je dis n’importe quoi! Haha j’ai bien lu un livre de l’auteure. Il s’agit des « Brumes de Riverton » et en plus je l’ai beaucoup aimé ce livre. Raison de plus pour découvrir ce titre 😉

Laisser un commentaire