La Dame en blanc – William Wilkie Collins

Résumé :

Une nuit, Walter Hartright, jeune professeur de dessin, porte secours à une mystérieuse dame en blanc que semble poursuivre une obscure menace. La jeune femme, parmi des propos incohérents, laisse entendre qu’elle est familière d’un lieu où il doit prochainement se rendre – le manoir de Limmeridge, perdu dans les brumes du Nord – pour enseigner la peinture aux deux pupilles de Mr Fairlie, Marian Halcombe et Laura Fairlie.

« Les jours, les mois passèrent. L’automne traçait des sillons d’or dans la verdure des feuillages, et ma vie s’écoulait comme dans un rêve. O temps de paix, temps bénis entre tous ! Mon histoire semble glisser sur vous comme alors vous glissiez sur moi. »

Mon avis :

J’ai adoré ce roman, qui avait dès le départ tout pour me plaire : une atmosphère mystérieuse, une énigme à résoudre, une très belle plume, tout ceci dans le décor de l’Angleterre victorienne.

Walter Hartright est un jeune professeur de dessin, qui vient d’être engagé par Mr Fairlie pour donner des leçons à deux jeunes filles à Limmeridge House dans le Cumberland. Avant son départ, il croise sur la route une dame entièrement vêtue de blanc, qui lui demande de l’aide pour regagner Londres. Elle est étrange, apeurée, vulnérable, et comble des coïncidences, paraît connaitre la famille chez qui Walter s’apprête à se rendre. L’ayant aidée à se rendre à bon port, il croise deux de ses poursuivants, dont il apprend qu’elle se serait échappée de l’asile. Ce qui ne pourrait être qu’une anecdote mystérieuse va le hanter jusque dans sa nouvelle vie, pourtant bien douce, à Limmeridge House, où il a fait la connaissance des deux soeurs : Laura, dont il s’est passionnément épris, et Marian, l’ainée, qui est devenue pour lui une amie fidèle. Rapidement il s’aperçoit de la ressemblance physique frappante, et aussi quelque peu dérangeante, entre Laura et la Dame en blanc, que l’on pourrait prendre pour des jumelles. Ce ne sera que le premier mystère de ce qui va devenir une enquête passionnante.

« Ainsi avait disparu le fantôme habillé de blanc qui hanta ma vie. Comme une ombre, elle m’était apparue dans la nuit ; comme une ombre, elle s’était évanouie dans la solitude de la mort. »

Ce roman percutant s’inscrit parfaitement dans le courant de la littérature victorienne, et insiste en particulier sur la place des femmes dans la société de l’époque. Faibles et fragiles, à la merci totale de leur mari ou de tout homme pouvant prétendre à des droits sur elles, les femmes n’avaient guère de ressources pour s’en sortir toutes seules. Ainsi Laura parait-elle bien palotte et fragile à côté de sa fougueuse soeur qui n’aura de cesse de la protéger. Marian, qui a peut-être également en sa faveur le bénéfice ironique d’être laide et donc condamnée à rester vieille fille, démontre une force et un courage à toute épreuve, et incarne un personnage féminin très intéressant et empreint de modernité. Il n’y a d’ailleurs pas un homme, qu’il soit bon ou vil, qui ne lui témoignera le plus profond respect dans le récit.

« Aucun homme ne vaut un tel sacrifice ! Les hommes ! Mais ce sont les ennemis de notre innocence et de notre paix. Ils nous accaparent corps et âme et pour nous donner quoi en retour ? »

Wilkie Collins signe avec ce chef d’oeuvre l’ancêtre du thriller, dévoilant une maîtrise parfaite du suspense, distillant trahisons, vengeances et complots machiavéliques et mettant en place une intrigue fascinante. Les personnages sont finement développés et captivent tous l’attention du lecteur, qu’ils soient attachants ou profondément haïssables. La construction du récit, alternant les narrateurs par le biais de leurs témoignages, est très originale et diablement efficace, multipliant les rebondissements. On ne peut s’empêcher de tourner les pages pour découvrir le fin mot de cette histoire follement romanesque. Mon seul tout petit bémol pourrait concerner la fin du roman, où on peut déplorer quelques longueurs, mais cela n’entache en rien ma lecture, qui est un vrai coup de coeur !

Ma note (5 / 5)

signature4

7 commentaires sur “La Dame en blanc – William Wilkie Collins

  1. J’ai lu ce roman en VO il n’y a pas longtemps et j’ai été assez déçue. J’ai adoré la première moitié du roman: le suspense, le mystère, le choix de la narration, le style de l’auteur, les personnages…les pages se tournaient toutes seules! Et puis, du milieu à la fin, j’ai eu du mal à le terminer à cause de longueurs. Le côté « mystère d’halloween » étant parti, je n’ai pas trop accroché. Mais il me semble que cela avait été publié en feuilleton à l’origine, peut-être que cela explique la longueur. J’aimerais en tout cas lire un autre roman de cet auteur.

    1. Effectivement le roman avait été publié en feuilleton, ce qui explique le côté un peu haché en « épisodes ». En réalité, ce n’est pas vraiment une lecture d’Halloween, mais plutôt un thriller, avec une enquête un peu corsée, même si il y a tout de même cette atmosphère un peu mystérieuse, typiquement victorienne !

  2. Savais tu qu’il y avait une adaptation série du roman The Woman in White (2018). J’aime beaucoup lire un livre et regarder son adaptation après afin de prolonger l’expérience, il y a des univers/ des histoires que l’on aime pas quitter. En tout cas ta chronique m’a donnée envie de lire ce livre, je l’ajoute à ma wishlist 🙂

Laisser un commentaire