À la découverte de Sherlock Holmes

Je n’avais jusqu’à récemment jamais lu l’oeuvre d’Arthur Conan Doyle, et c’est en regardant la série de la BBC Sherlock, qui s’en inspire tout en apportant des éléments très originaux (notamment parce qu’il s’agit d’une adaptation moderne), que j’ai décidé de me plonger dans deux romans : Une étude en rouge, parce qu’il s’agissait du premier, et Le Chien des Baskerville, qui est de loin le plus connu.

Une étude en rouge 

Résumé :

Un homme est trouvé mort dans une maison inhabitée, au cour d’un des plus sinistres quartiers de Londres. Autour de lui, des traces de sang, bien que le cadavre n’ait aucune blessure. De quoi laisser perplexes Lestrade et Gregson, les limiers de Scotland Yard.

Mon avis :

« Une étude en rouge n’est-ce pas ? Pourquoi n’utiliserions-nous pas un peu l’argot d’atelier ? Le fil rouge du meurtre se mêle à l’écheveau incolore de la vie. Notre affaire est de le débrouiller, de l’isoler et de l’exposer dans toutes ses parties. »

Un peu déçue par cette première aventure de Sherlock Holmes, qui n’a selon moi que l’avantage de planter le décor et présenter les personnages, en particulier la rencontre entre Sherlock Holmes et le Dr Watson, un chirurgien militaire rapatrié en raison d’une grave blessure. C’est ce dernier qui raconte les aventures du détective, sous la forme d’un journal. Les deux hommes se rencontrent alors qu’ils cherchent un appartement à partager, et emménagent ainsi ensemble au célèbre 221b Baker Street, à Londres.

C’est surtout la structure, et la concision, du roman qui m’ont dérangée. L’enquête en elle-même n’est pas passionnante, et surtout la seconde partie est particulièrement déroutante, puisqu’on se retrouve tout à coup transportés dans l’Amérique des Mormons. On devine assez rapidement le lien avec l’enquête de la première partie, mais la transition est pour le moins abrupte et surtout, la moitié du livre ne concerne donc pas Sherlock Holmes directement, mais est une « histoire dans l’histoire ». Mis à part cela, je trouve qu’il y a assez peu à dire de cette enquête…

« Tous les méfaits ont un air de famille. Si vous connaissez sur le bout des doigts les détails de mille crimes, il serait bien étonnant que vous ne puissiez débrouiller le mille et unième. »

Ma note (2 / 5)

Les chiens de Baskerville

Résumé :

Une malédiction pèse sur les Baskerville, qui habitent le vieux manoir de leurs ancêtres, perdu au milieu d’une lande sauvage : quand un chien-démon, une bête immonde, gigantesque, surgit, c’est la mort.
Le décès subit et tragique de Sir Charles Baskerville et les hurlements lugubres que l’on entend parfois venant du marais, le grand bourbier de Grimpen, accréditent la sinistre légende.
Dès son arrivée à Londres, venant du Canada, Sir Henry Baskerville, seul héritier de Sir Charles, reçoit une lettre anonyme : « Si vous tenez à votre vie et à votre raison, éloignez-vous de la lande. » Malgré ces menaces, Sir Henry décide de se rendre à Baskerville Hall, accompagné de Sherlock Holmes et de son fidèle Watson.

Mon avis :

L’un de mes attraits pour Le chien des Baskerville est grandement dû à la description des paysages fascinants de la lande anglaise. L’ambiance du roman est très particulière : une grande demeure imposante et inquiétante, la lande sauvage, le brouillard, le vent sifflant… Dans un tout autre contexte (et un tout autre genre littéraire !), on pourrait se trouver dans Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë. À tout ceci s’ajoute une légende qui se répand dans les environs à propos d’un grand chien de l’enfer qui s’en prendrait à la famille Baskerville. Légende qui m’a davantage fait penser à Cujo de Stephen King, certes en beaucoup plus gentillet chez Conan Doyle.

Bref tout ce qu’il faut de mystérieux pour piquer mon intérêt. De plus, l’originalité de cet épisode des aventures de Sherlock Holmes est justement de faire s’opposer une légende, une contrée mystérieuse à la logique implacable du célèbre détective. Ce sont ces éléments qui en font un roman beaucoup plus réussi à mon sens que le précédent.

« Plus l’on reste ici, plus l’esprit de la lande insinue dans l’âme le sentiment de son infini et exerce son sinistre pouvoir d’envoûtement. »

Les personnages ont beaucoup de profondeur, même si je reprocherai justement un peu trop de concision dans le traitement des personnages, en particulier les secondaires. Pour une fois, l’enquête est en grande partie menée par Watson, envoyé seul au manoir des Baskerville par Sherlock Holmes. Mais je peine à trouver de l’épaisseur à ce personnage, qui ressort davantage comme un compagnon fidèle et obéissant du détective, que comme un fin limier.

Beaucoup de développements sont bien sûr consacrés aux déductions du détective, bien que pas toujours fort utiles. Je trouve parfois que les explications sont redondantes, et que l’auteur nous avait déjà mis sur la voie plusieurs fois au cours du récit sans qu’il soit besoin de nous le réexpliquer aussi explicitement par la suite. De manière générale, je reprocherai aux enquêtes de Sherlock Holmes d’être trop faciles à démêler. Les indices sont bien mis en évidence et à la portée du lecteur, après certes encore faut-il les mettre bout à bout, mais il n’y a pas comme chez d’autres maitres du roman policier énormément de suspense et de rebondissements. Il est rare qu’on hésite entre plusieurs coupables, et qu’on sursaute entre deux pages. Et cette « simplicité » me gêne un peu. Au-delà de l’histoire qui est agréable et qui se lit bien, c’est peut-être un peu trop enfantin pour moi. On est loin des enquêtes d’Agatha Christie qui me tenaient davantage en haleine et dont l’intrigue était bien mieux ficelée.

Ma note (3 / 5)

Je n’ai donc pas été emballée jusqu’ici par les enquêtes de Sherlock Holmes, j’ai passé un bon moment de lecture mais je ne sais pas si je poursuivrai avec les romans suivants. Peut-être s’agit-il de classiques qui devraient plutôt se lire plus jeune ? En tout cas, je m’attendais à plus extraordinaire quand on connait la légende de ce fameux détective.signature4

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

5 commentaires sur “À la découverte de Sherlock Holmes

  1. Hello,
    Merci pour ce bel article si bien développé car je n’ai jamais lu d’œuvres de Conan Doyle, non plus. Je lirai peut-être Le Chien de Baskerville, pour le fait qu’il soit un véritable classique de la littérature et découvrir ainsi une enquête de Sherlock Holmes mais j’ai certainement trop d’attente pour l’apprécier à sa juste valeur…
    Affaire à suivre, et belle journée à toi.

  2. Coucou!

    Le Chien des Baskerville est effectivement le plus connu mais absolument pas le meilleur. Les aventures de Sherlock Holmes, paraissaient dans un journal. Sauf quelques aventures qui ont été étoffées pour en faire des romans. La cible était différentes. C’est d’ailleurs une des seules aventures de SH que je n’ai pas pu re-lire. La plus part des énigmes de SH sont d’ailleurs insolvables car il y a trop de détail qui ne sont pas donné au lecteur. Néanmoins certaines le peuvent.

    Quant à Agatha Christie, je trouve justement que c’est vraiment trop simple de découvrir le meurtrier (en suivant la méthode de SH, en plus! Aha). Je les découvre que maintenant, et à part « 10 petits nègres », j’ai toujours trouvé le meurtrier. Et les raisons sont quand même toutes aussi tordue que pour SH.

    On compare souvent Hercule Poirot (et les autres enquêteurs de AC) à Sherlock. Alors, peut être que celui qui nous bluffe le plus est celui qu’on lit en premier? Ça me parait vraiment étrange d’avoir le même avis que toi mais inversé!

    En tout cas, je t’encourage à en lire d’autres, tu as pris limite les pires. D’ailleurs mes préférés sont ceux qui sont moins connus.

    Bisous

    Clemence

    1. Tu as raison, j’ai lu les romans d’Agatha Christie à l’adolescence, ça doit jouer sur mes impressions. Il faudrait que j’en relise pour voir, je serais peut-être déçue ! Si je redonne une chance à Sherlock, que me conseillerais-tu ? 😉

Laisser un commentaire