Famille parfaite – Lisa Gardner

Résumé :

Les Denbe semblaient sortir des pages des magazines glamour : un mariage modèle, une belle situation, une ravissante fille de quinze ans, une demeure somptueuse dans la banlieue chic de Boston… une vie de rêve.
Jusqu’au jour où ils disparaissent tous les trois. Pas d’effraction, pas de témoin, pas de motifs, pas de demande de rançon. Juste quelques traces de pas et des débris de cartouches de Taser sur le sol de leur maison. Pour la détective privée Tessa Leoni, l’enlèvement ne fait aucun doute. Mais que pouvait bien cacher une existence en apparence aussi lisse ?

« La douleur a un goût. La question, c’est de savoir celui qu’elle a pour vous. »

Mon avis :

Je ne suis pas très polar, mais j’aime bien en lire de temps en temps pour changer un peu d’univers. Je dois dire que je suis assez difficile à satisfaire, j’aime bien les thrillers qui poussent un peu la réflexion dans les portraits psychologiques (que ce soit celui des victimes, des « méchants » ou même des policiers), à la manière du roman d’Elizabeth Brundage, Dans les angles morts, que j’avais trouvé exceptionnel. J’aime aussi être un peu malmenée dans ma lecture, et surtout ne pas m’attendre au dénouement, ce qui est assez rare, étant donné que les romans policiers utilisent peu ou prou toujours les mêmes ficelles. J’avais entendu parler de Lisa Gardner, qu’on compare de temps en temps à Gillian Flynn (qui a écrit Les Apparences, entre autres), et je me suis donc attaquée à Famille parfaite, dont le résumé laissait présager une intrigue intéressante, proche de ce que fait Liane Moriarty.

J’ai trouvé le roman pas mal, on est intrigué par cette famille qui disparaît du jour au lendemain, visiblement victime d’un enlèvement mais dont les motifs demeurent flous. Evidemment, cette famille qui renvoie une apparence de cohésion et de perfection cachent énormément de petits et grands secrets, reste à savoir lequel est lié à leur disparition. La narration alterne entre l’avancée de l’enquête, et le récit des journées d’enfermement des membres de cette famille, raconté à la première personne par la mère, Libby.

« Les gens sont tous égaux devant la violence. Peu importe leur niveau de fortune, leur milieu social, leur métier. Un jour, elle vient simplement les chercher. »

Mis à part les multiples rebondissements qui tiennent en haleine, je ne suis pas tombée à la renverse. Je m’attendais à quelque chose de plus poussé dans la psychologie des personnages, alors que ce n’est qu’esquissé à gros traits. Ainsi la détective privée, Tessa, dont l’histoire est visiblement racontée dans un précédent roman que je n’ai pas lu, mentionne son passé plusieurs fois sans qu’on ait vraiment de détails, ce qui la rend somme toute assez insignifiante, et c’est également le cas pour le shérif qui travaille à ses côtés. On pourrait se dire que l’important est surtout l’enquête qu’ils mènent et que l’auteur fait donc le choix de ne pas trop s’arrêter sur ces personnages-là, même si je trouve ça dommage. Mais même l’enquête est assez poussive, multipliant les fausses pistes et de longs passages sur la condition financière de l’entreprise du père de famille. Le dénouement est habile mais finalement assez classique et prévisible dans les romans de ce genre.

On s’attend du coup à ce que la psychologie des membres de la famille, dont on sait qu’ils ont tous un secret à cacher, soit assez bien développée. Mais là aussi j’ai trouvé que ça tombait un peu à plat, que c’était un peu fade, et surtout on finit par voir venir les révélations. Une fois qu’on a dépassé le fait que le père était infidèle, la mère accro aux médicaments, et l’adolescente un peu révoltée, ce qu’on sait dès les premières pages en réalité, on tourne un peu en rond, d’autant plus qu’il y a pas mal de répétitions, Libby radote un peu sur son mariage..! Il manque un petit quelque chose, une analyse plus fine et plus poussée, plus inattendue sans doute également.

Ce que j’ai trouvé le plus intéressant finalement c’est la recherche du mobile des kidnappeurs. Ont-ils des motifs professionnels ou personnels de s’en prendre à cette famille ? Sont-ils réellement si hostiles que cela ? Leur comportement, et leurs relations avec leurs victimes, sont assez nuancés, ce qui jette souvent le doute sur leurs motivations.

« Bien sûr, des inconnus peuvent vous faire du mal. Mais les gens que vous aimez font ça tellement mieux… »

Ça reste dans l’ensemble un thriller sympathique, agréable et facile à lire, en somme parfait pour une lecture de plage. Mais ce n’est pas ma tasse de thé, je ne suis séduite ni par le style, ni par l’histoire, ni par les ficelles déployées.

Ma note (2,5 / 5)

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