Déracinée – Naomi Novik

Résumé :

Depuis toujours, le village de Dvernik est protégé des assauts du Bois par le « Dragon », un puissant magicien. Celui-ci, en échange de ses services, prélève un lourd tribut : à chaque génération, la plus jolie jeune femme de la communauté disparaît dans sa tour. Cette année, c’est Kasia qui sera choisie. Forcément, c’est la plus belle, la plus populaire. Personne n’en doute, et encore moins Agnieszka, qui n’a jamais voulu de cet honneur. Mais les choses ne vont pourtant pas se passer comme prévu, et Agnieszka va découvrir un monde au-delà de l’entendement…

Mon avis :

Je ne suis généralement pas friande de ce genre qu’est la fantasy, c’est vraiment très loin de ce que je lis d’habitude. Il est donc parfois bon de sortir des sentiers battus parce que j’ai lu ce roman d’une traite, en une journée !

Naomi Novik nous entraîne dans un monde imaginaire de contes et de légendes où règnent la magie et la nature. Mais peut-être ces éléments ne sont-ils au final qu’une seule et même entité. Car tout provient des arbres, du vent, des saisons. L’histoire n’a pas de géographie ni d’époque précises, même si on sent qu’il y a tout de même une connotation médiévale et plutôt slave. Agnieszka habite un petit village en bordure du Bois, une forêt maléfique qui s’en prend aux villages environnants, enlevant des villageois, jetant des sorts, envoyant des créatures malfaisantes pour semer la terreur et la dévastation sur leur passage. Un célèbre sorcier, surnommé Le Dragon, offre depuis toujours sa protection au village, en échange d’une jeune fille qu’il emporte dans sa tour tous les cinq ans. À la surprise générale, ce n’est pas la plus belle fille du village qui est choisie cette année-là, mais Agnieszka. Je dirais que c’est le seul point qui m’a un peu dérangée, cela devient un peu lassant ces histoires qui placent une jeune fille soit disant quelconque, mal fagotée, qui n’a pas confiance en elle, et qui se retrouve tout à coup propulsée en héroïne parce qu’il y a justement chez elle quelque chose d’exceptionnel que personne n’avait remarqué auparavant. C’est tellement rebattu que personnellement c’est un aspect qui me laisse de marbre, surtout quand c’est trop grossièrement traité.

Heureusement on passe assez vite à autre chose, et ce qui devient surtout intriguant c’est la personnalité du Dragon. Si j’ai tout de suite pensé à un alter ego de Barbe Bleu, j’ai assez rapidement été détrompée et je suis allée de surprise en surprise. C’est ce que j’ai principalement aimé dans ce roman : l’inattendu. On pense tout savoir à l’avance, deviner où l’auteur veut nous emmener, et on se trompe à chaque fois. L’histoire prend des chemins totalement imprévisibles, ce qui rend la lecture agréable et vraiment prenante. À partir de l’arrivée d’Agnieszka dans la tour, les choses prennent un autre tournant et se complexifient. On en apprend petit à petit davantage sur la mission que s’est donnée le magicien, sur le rôle qu’il entend faire jouer à Agnieszka, et surtout sur l’univers en tant que tel. J’ai adoré la figure du Bois et tous ses symboles, une entité malfaisante dont on ne connaît pas la source ni les motivations jusqu’à la toute fin du roman. C’est suffisamment complexe pour tenir en haleine et se poser des questions tout au long de la lecture, mais aussi extrêmement poétique et touchant. Comme dans tous les contes, on sent évidemment la morale sous-jacente, parabole de la société d’aujourd’hui et des questions qui secouent l’actualité : écologie, réfugiés, escalade de la guerre…

Certes Naomi Novik n’invente rien et emprunte beaucoup aux contes et légendes (elle dit elle-même d’ailleurs s’être inspirée du folklore polonais), il y a quelques longueurs, et j’ai personnellement eu du mal à m’attacher à l’héroïne, que j’ai trouvée trop caricaturale. Mais au final il ne faut pas trop se poser de questions et se laisser entraîner par le roman. C’est un conte féérique et enchanteur, dans lequel il faut se plonger confortablement et que je trouve parfait pour la saison !

Ma note (4 / 5)

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