Le Chant de la rivière – Hannah Richell

Trois soeurs, Eve, Lucy et Margot, ont grandi dans la campagne du Somerset, dans l’ombre d’une mère autrice de romans à succès. Après des années d’absence, la cadette, Margot, revient à l’occasion du mariage de Lucy, décidé sur un coup de tête à peine une semaine auparavant. Ces retrouvailles forcées vont-elles être enfin l’occasion de revenir sur les souffrances du passé et les raisons de son éloignement brutal ? Pourquoi Lucy se marie-t-elle dans une telle urgence ? Eve est-elle véritablement la soeur parfaite, mère et épouse dévouée que tout le monde imagine ? Autant de questions que la famille Sorrell va devoir résoudre, au risque de faire tourner un jour de fête au cataclysme. Lentement, la romancière distille les éléments de compréhension de cette famille aussi atypique qu’au fond profondément banale. Les dynamiques des relations entre les parents, entre les soeurs, et surtout, les relations mère-fille, sont passées au crible, à mesure que les révélations s’égrènent sur les traumatismes enfouis. Au gré de cette plongée dans le passé, on s’aperçoit à quel point il est difficile de communiquer avec ceux qu’on aime le plus.

« C’est une leçon chèrement acquise qu’elle n’oubliera jamais : même les meilleurs fruits tombent et pourrissent, et on a beau enterrer le mal le plus profondément possible, les ossements restent et finissent toujours par revenir pour vous poursuivre, comme l’odeur écœurante des pommes, comme les sons d’une nuit d’été, comme la rivière que rien jamais n’arrête. »

La lecture est fluide, mais je n’ai pu m’empêcher de me dire que je me trouvais devant un énième roman sur les secrets de famille, d’avoir l’impression d’avoir déjà plus ou moins lu ce qui se tramait dans ces pages… Le roman ne nous épargne absolument aucun des lieux communs propres à ces récits, et on voit arriver les fameux « secrets » à des kilomètres tant ils s’apparentent à des stéréotypes narratifs. Sans originalité non plus, il recourt par ailleurs à l’alternance de narration bien connue entre passé et présent, et assume le fait d’être un tire-larmes, entre scènes déchirantes et petites phrases toute faites sur les choses importantes de la vie.

« Il faut du courage pour aimer. Mais là où il y a de l’amour, il y a de l’espoir. »

Les ficelles m’ont donc paru bien grosses et faciles, malgré tout le roman est efficace. C’est pour moi une lecture parfaite pour l’été, un roman qui se lit bien et peu exigeant, avec de jolis moments et des personnages attachants.

Ma note 3 out of 5 stars (3 / 5)

Éditions Belfond, traduit par Florence Hertz, 4 mars 2021, 400 pages

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