Best Love Rosie – Nuala O’Faolain

Résumé de la quatrième de couverture :

Après avoir vécu et travaillé loin de chez elle, Rosie décide qu’il est temps de rentrer à Dublin, pour s’occuper de Min, la vieille tante qui l’a élevée. Mais, « il faut du temps pour revenir quelque part… » et les retrouvailles tournent vite au vinaigre. Bientôt, Rosie voit se creuser le fossé qui la sépare de l’infatigable Min, galvanisée par sa découverte de l’Amérique. Et tandis que l’une se réveille de sa torpeur, l’autre se voit rattrapée par la mélancolie…

Mon avis :

Rosie, la cinquantaine, célibataire, rentre en Irlande pour s’occuper de sa tante, vieillissante et alcoolique. Elle qui a bourlingué aux quatre coins du monde, croisant la route d’une multitude de personnes différentes, a bien du mal à se faire à l’atmosphère pesante du quartier de son enfance. Elle avait fui cette petite communauté repliée sur elle-même, ce catholicisme étouffant, ces injonctions à trouver un mari au plus vite. Elle retrouve donc à regrets sa tante, Min, ses voisines, et ses amis, que l’âge n’a pas épargnés non plus. Car l’âge est au centre de ce roman dans lequel notre narratrice s’interroge sur le sens à donner à son existence.

« Cette chose qui m’avaient laissée avec des amis partout et nulle part, que j’avais volontairement payée de ma solitude, c’était la liberté de poursuivre le merveilleux. »

Tant Rosie que Min vont être transformées par cette brusque réunion et la lumière crue jetée sur les chances qu’il leur reste encore à saisir. La relation entre les deux femmes est intéressante, cet attachement tout en pudeur et en distance, tout juste cordial. Malheureusement, si nous sommes parfois gratifiés de quelques souvenirs d’enfance de Rosie, fort peu instructifs au demeurant, cette relation n’est pas plus approfondie que cela dans le roman, d’autant plus passé le chapitre pivot se déroulant à New-York, décisif et surprenant pour les deux femmes.

« La brise faisait voler leurs cheveux dans la même direction ; à les voir ainsi, on eût dit des inséparables, appartenant tous aux même petit clan. Mais je savais combien d’hésitations, combien de questionnements recelaient leurs rapports entre eux et avec moi. Et je ne les en aimais que davantage. »

C’est un roman agréable à lire, mais que je n’ai pas trouvé transcendant, comparé à ce que les critiques fort élogieuses que j’ai pu percevoir un peu partout avaient pu me faire penser. Je n’ai pas réussi à accrocher plus que ça à l’histoire de Rosie, dont je ne me suis pas sentie proche. Peut-être est-ce dû à l’écart d’âge qui me sépare d’elle, d’autant plus qu’elle épilogue longuement sur cette période de la vie, sa solitude, son avenir. J’ai eu du mal à me retrouver dans ses interrogations sur le sens de l’existence et de la féminité, mais également dans ses rapports aux autres, à ses amis, à sa famille, aux hommes. Ses lamentations sont quelque peu pénibles, comme elles le sont d’ailleurs pour son entourage, et ses petits conseils pour « bien vieillir » dignes du pire livre de développement personnel. 500 pages pour nous rappeler que la vie ne s’arrête pas à 57 ans… De manière générale, je suis donc restée assez hermétique : j’ai trouvé l’histoire un peu superficielle, manquant cruellement de profondeur et de densité à mon goût, même si je dois reconnaître que la plume de la romancière est poétique.

Ma note 2.5 out of 5 stars (2,5 / 5)

 

 

 

Éditions 10/18, traduit par Judith Roze, 4 mars 2010, 448 pages

3 commentaires sur “Best Love Rosie – Nuala O’Faolain

  1. J’ai plutôt bien aimé le personnage de Rosie et celui de Min qui décide après s’être tant sacrifiée pour Rosie, de vivre simplement sa vie et de la démarrer à un âge avancé. C’est un peu un jeu de miroir entre les 2 femmes. Quand Rosie découvre qu’elle vieillie, elle devient plus introvertie et fait une sorte de bilan de sa vie alors que Min refuse de se poser des questions et laisse tout derrière elle comme l’avait fait Rosie plus jeune. Mais malgré tout ça, c’est vrai que ça ne restera pas une lecture impérissable même si j’ai apprécié l’écriture (ma chronique est en cours de rédaction) belles lectures à toi en cette période particulière.

    1. Oui il faut vraiment se faire son avis, j’avais moi aussi lu d’excellents retours de lecture !

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